[Réflexions] Mes premiers essais : Des outils pour différencier

Dans le cadre de mon mémoire, je me suis d’abord renseignée sur la différenciation pédagogique et sa mise en oeuvre. Je vous invite à lire les fiches ressources « Différencier » (clic) qui présenent des démarches et des outils à mettre en place dans les classes. J’ai, au cours de mon mémoire, beaucoup étudié et utilisé les livres de Jacqueline Caron, publiés aux éditions de la Chenelière.

Différencier au quotidien – Quand revient Septembre (vol 1 et vol 2) – Apprivoiser les différences.

Mes premiers essais : Des outils pour différencier

Ce que j’ai mis en place (classe de CE2):

Les ateliers de remédiation :  Durant ces ateliers l’enseignant « porte remède » à des lacunes détectées en fin d’apprentissage. Il s’agit de reprendre des apprentissages fondamentaux non réussis et sans lesquels d’autres apprentissages ne peuvent être conduits.

Les groupes de besoin : aide aux élèves en fonction des besoins relevés lors d’une évaluation diagnostique ou au cours des apprentissages en rassemblant ces élèves en petits groupes pendant que les autres étaient en activité autonome.

Les conclusions dans mon mémoire pour cette classe :

Échec des dispositifs mis en place notamment des groupes de besoin et des ateliers de remédiation.

Le fonctionnement en ateliers de besoin dans la classe n’a pas fonctionné comme il était espéré. Les élèves se sentaient stigmatisés malgré le fait que les groupes ne soient pas fixes mais décidés en fonction des besoins établis suite à l’évaluation diagnostique. De nombreuses réflexions avait lieu d’un groupe à l’autre et au sein des groupes (je suis/tu es dans l’atelier de ceux qui n’ont pas compris ou je suis/tu es dans l’atelier des « forts ») alors que les ateliers n’avaient pas été présentés comme tels. Les élèves comprenaient d’eux-mêmes selon la difficulté des exercices et des situations problèmes où ils se situaient par rapport au reste de la classe et petit à petit, ils ont rejeté ce fonctionnement par un manque d’intérêt, ce dispositif a donc été abandonné dans cette classe. Cette expérience amène à croire qu’il est plus important dans ces groupes de besoins d’apporter une aide graduée plutôt que de réduire ou augmenter la difficulté des exercices, cela aurait moins stigmatisé les différences entre les élèves. La question de savoir si les groupes ont été vraiment constitués en fonction des besoins des élèves où si sans le vouloir, ils avaient été répartis par niveaux s’est posée. Par ailleurs, il a également été établi des ateliers de remédiation suite aux évaluations de fin de période. Ceux-ci étaient à thème sur des notions différentes (un atelier compas, un atelier alignement par exemple). Ces ateliers n’ont pas été rejetés par les élèves, chacun travaillant sur une notion différente. Mais ce système a cependant été abandonné par manque d’efficacité. Peu d’élèves ont su remettre en question ce qu’ils pensaient avoir compris pour corriger leur erreur. Certains élèves semblaient comprendre au moment de l’atelier grâce à l’aide de l’enseignante mais plus tard les erreurs initiales revenaient. La remédiation n’avait pas fonctionné.

Une prise de recul, une remise en question et de nouvelles recherches bibliographiques et demande de conseils ont amené le choix d’un nouveau fonctionnement dans la pratique de classe avec notamment  l’alternance de deux types d’activités :  travail sur un apprentissage commun avec apport d’aides ou d’indices (roue de secours) et mise en place de la coopération entre élève et  de travail personnalisé sur plan de travail.

« La roue de secours » en expression écrite : la différenciation proposée  a consisté en une aide aux élèves de la part de l’enseignant lors de la rédaction individuelle de leur « jets ». Après avoir étudié divers textes références selon le type d’écrit étudié (recettes de cuisine, lettres, affiche…) et dégagé la structure du texte, chaque élève devait à son tour produire un écrit du même type. Deux à trois jets ont été réalisés à chaque fois.
Une grille de relecture établie ensemble pour chaque type d’écrit leur a été proposée pour valider ou non leur brouillon. Durant la rédaction de ces jets, en passant de table en table, des aides ponctuelles, appelées « roues de secours » ont été apportées. Ces aides consistent à disposer un Post-it avec des indications sur les erreurs repérées en orthographe ou en syntaxe. Lorsqu’il a fini son activité, chaque élève ayant disposé d’une aide vient coller son Post-it au bureau. Ces Post-it sont ensuite répertoriés par mes soins sur une fiche de suivi avec une indication sur le type de l’erreur (orthographe, grammaire, conjugaison…). En fin de thème, l’élève rédige une fiche outil selon les diverses erreurs récurrentes qu’il a commises.

Alternance des dispositifs de travail (activités en binôme, individuellement et en groupes de quatre)

Des projets d’équipe en expression écrite et en arts visuels, par équipe de 4 à 6 élèves, pour un même thème (réalisation d’une affiche, recherches documentaires, création d’oeuvres à exposer…)

La transmission des consignes et des notions en trois versions : écrites, orales et kynesthésiques.

Des plans de travail : Ces plans de travail s’inspirent de la méthode Freinet. Chaque plan de travail comporte plusieurs ateliers obligatoires et au choix. Dans chaque atelier des activités sont à choisir par l’élève. Les activités qui leur sont proposées sont adaptées à leur besoin ou bien proposent des approfondissements ou des ouvertures sur d’autres domaines. Un plan de travail est déterminé pour une période scolaire de plusieurs semaines. Deux plages horaires de vingt-cinq minutes lui sont consacrées dans la journée, une le matin et une l’après-midi. Hormis ces temps spéciaux, chaque élève est libre de continuer son plan de travail lorsqu’il a fini son travail de classe dans la discipline enseignée au cours de la journée. Un volet « évaluation » était également proposé : l’élève choisissait lui-même le moment où il était évalué (sur plusieurs dates proposées), lorsqu’il se pensait prêt.

La coopération entre élèves : un tableau d’inscription de demande d’aide et de proposition de son aide a été mis en place (clic). Cet outil a été très bien accueilli et mis à profit dans la classe. Pour en savoir plus, lire les articles sur les pédagogies coopératives.

 Ces dispositifs (notamment la coopération, les plans de travail et la transmission des consignes) ont montré une amélioration des résultats des élèves dans leur apprentissage, une baisse des sanctions de comportement et selon une enquête réalisée avant/après, un intérêt accru pour l’école, une augmentation de leur envie de venir à l’école, et moins de stress.

Je le précise à nouveau, ces résultats n’ont pas valeur scientifique vu que ces dispositifs n’ont été appliqués que sur une classe, un jour par semaine mais ils m’ont amené à réfléchir. Un point (avec humour) soulevé lors de ma soutenance par l’un des membres du jury : pensez-vous que ce soient les dispositifs eux-mêmes ou votre effet pygmalion qui ont eu de l’effet, sachant que vous partiez convaincue que ces dispositifs allaient être bons pour les élèves (à méditer…) ?

 

Publicités

4 réflexions sur “[Réflexions] Mes premiers essais : Des outils pour différencier

  1. corinne81 2 janvier 2014 / 19 h 26 min

    Bonsoir, je suis enseignante  (ce1/ce2) j’aurai aimé avoir un peu plus de précisions sur la transmission des consignes sur le mode kynesthésique. Merci pour tous ces apports sur la différenciation pédagogique.

    J'aime

  2. sagebooker 14 février 2012 / 10 h 02 min

    Merci puor le lien vers les cahiers pédagogiques (j’ignorais qu’ils publiaient autant d’articles en ligne). J’ai tout imprimé concernant la gestio nde l’hétérogénéité, et je n’ai plus qu’à lire !

    J'aime

  3. chatoubistouille 14 février 2012 / 9 h 41 min

    Merci beaucoup pour ton commentaire et ton témoignage. C’est sûr qu’avec l’adolescence ce n’est pas facile et ce doit être aussi durs pour eux de reprendre confiance. Je poursuis en tout cas ma lecture du livre Motivation et réussite scolaire, c’est vraiment intéressant et je vais continuer à poster sur le sujet au fur et à mesure de ma lecture.  

    J'aime

  4. sagebooker 13 février 2012 / 15 h 57 min

    je lis tout ce que tu postes depuis quelques jours, et je ressens mieux la spécificité de mon poste pour le coup, car groupes de besoin et atelier de remédiation fonctionnent bien  avec mes élèves qui sont de toutes façons déjà « désignés » comme en échec, surtout dans leur tête, du coup, tout ce qui est mis à leur portée leur parle et les motive. Et ils leur importent finalement peu d’être « stigmatisés » (la force de l’habitude) car selon les activités, chacun a une force ou une faiblesse que l’autre  n’a pas (un bon lecteur n’a pas forcément la mémoire pour sa poésie, un les facilités en orthographe d’un autre qui lirait moins bien, même chose en compréhension, etc.)J’ai testé les plans de travail, etça a été la catastrophe, les niveaux ne pouvant se synthétiser en deux ou trois plans : trop de gestion au quotidien, et plus assez de présence auprès des élèves, lesquels ne trouvaient pas toujours un tuteur entre eux sur des notions nouvelles… d’autre part, bosser en autonomie revient (pour eux) à revenir à une situation connu auparavant : je suis seul dans mon coin e tje ne fais rien. Avec le temps, ils comprennent que la tâche qui leur est confiée pendant que je suis avec d’autres élèves est faisable, et qu’ils en sont capables, mais l’adolescence ne les aide pas forcément à bosser pour bosser quand on a l’occasion de ne pas le faire ^^Je continue à venir lire, ça m’itnéresse fortement !! Merci !!!

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s